A L’AFFICHE
Elles étaient 26 femmes à gravir le sommet de l’Union européenne, le 1er juillet dernier. Alliant événement sportif et sensibilisation à l’environnement, cette aventure collective a marqué le début de la Présidence française de l’Union européenne. Objectif : souligner la volonté de notre pays – et de l’Europe - de faire de la lutte contre le changement climatique et du développement durable des priorités.
Premier événement de la Présidence française de l’Union européenne, l’opération « Une cordée européenne sur le toit de l’Union » était pilotée par Roselyne Bachelot-Narquin, Bernard Porte et Nathalie Kosciusko-Morizet, en partenariat avec les communes locales. Vingt-six Européennes représentant les pays de l’UE, et choisies pour leur sensibilité à la cause du développement durable, se sont retrouvées en France du 25 juin au 2 juillet. La semaine, consacrée à l’entraînement technique et à l’acclimatation à l’altitude, a également été ponctuée de conférences sur les enjeux du développement durable, le changement climatique en montagne et son impact sur la biodiversité et les glaciers, le tourisme sportif durable…
Quant à l’ascension du Mont-Blanc, elle s’est déroulée les 1er et 2 juillet. Comme l’a souligné le président de la République dans son message aux alpinistes, leur ascension « constitue un triple symbole », celui des femmes, celui du sport et celui de l’environnement. « La France a voulu faire du défi environnemental une priorité majeure de sa présidence de l’Union. Votre exploit devra être notre modèle, pour qu’avant la fin 2008, les Vingt-sept parviennent à un accord au sein du Conseil sur la lutte contre le changement climatique », leur a-t-il écrit.
Engagement > Soutenir un accord international ambitieux pour une réduction des émissions de CO2 qui serait supportée par tous. A minima, l’obtenir au niveau européen et des principaux pays émetteurs.
Le Comité national de l’opération « Le Grenelle Environnement à l’Ecole ! L’école agit ! » s’est réuni fin juin. Il a mis en exergue 19 projets de lycées ou collèges, jugés exemplaires en matière de généralisation du concept de développement durable dans les structures scolaires.

Inciter les jeunes à réfléchir, à élaborer un projet et à faire des propositions concrètes en faveur de la lutte contre les changements climatiques, de la préservation de la biodiversité, ou encore de la construction d’une démocratie écologique… tel est l’objectif du "Grenelle Environnement à l’École : l’École agit !". L’initiative vise à développer l’éducation au développement durable. Elle a débuté le 29 novembre 2007, avec le lancement par Jean-Louis Borloo, Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, et Nicolas Vannier, parrain de l’opération, d’un appel à projets en direction des collèges et lycées. Six thèmes de travail, directement liés aux questions soulevées par le Grenelle Environnement, étaient proposés : lutter contre le réchauffement climatique et maîtriser l’énergie ; préserver la biodiversité et les ressources naturelles ; pour un environnement respectueux de la santé ; agriculture, environnement et développement durable ; démocratie et développement durable et, enfin, économie et développement durable. Nombreux sont les établissements qui ont répondu à cette sollicitation (158 collèges, 89 lycées, 21 lycées professionnels et 28 écoles). Le Comité national du Grenelle à l’école présidé par Nicolas Vannier s’est réuni le 19 juin et, parmi 81 projets remarquables, a sélectionné 19 lauréats proposant des actions exemplaires pour généraliser le concept de développement durable au sein des établissements.
Engagement > Développer et renforcer les actions d’éducation et de sensibilisation à l’écologie et au développement durable. Généraliser des enseignements sur l’écologie et le développement durable dans l’ensemble des cursus (école, lycée, puis CAP, BEP, BTS, DUT, apprentissage, universités, écoles d’ingénieur, de design, mastères, IUFM…), quelle que soit la spécialité.
« écotech 2012 » est le nouveau plan stratégique du Gouvernement pour le développement des éco-industries. Il est le fruit d’une conviction : aucun des enjeux environnementaux (émission des gaz à effet de serrre, dépollution, assainissement, recyclage, énergies alternatives…) ne trouvera de réponse si les industriels ne mettent pas au point et ne commercialisent pas des solutions. Rappelons que, selon la définition de l’OCDE, les éco-industries produisent des biens et des services visant à mesurer, prévenir, limiter ou corriger les atteintes à l’environnement et aux écosystèmes, touchant l’eau, l’air ou le sol, mais aussi les problèmes liés aux déchets, au bruit, etc. Dans le cadre du lancement du plan écotech, Luc Chatel et Nathalie Kosciusko-Morizet ont installé le 10 juillet dernier le Comité stratégique des éco-industries qui rassemble des chefs d’entreprises et des spécialistes de l’industrie et des technologies de l’environnement. Le Comité est chargé d’éclairer le gouvernement sur les travaux à venir d’écotech : une mission de conseil stratégique sur l’analyse du secteur des technologies de l’environnement et la mise en place de trois groupes de travail public-privé : innovation et diffusion des écotechnologies ; évolution de la réglementation et de la normalisation pour renforcer les performances des éco-industries ; émergence et développement des petites et moyennes éco-industries. Le Comité rendra ses premières conclusions aux ministres au cours d’une conférence organisée dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne au salon Pollutec, début novembre.
Engagement > Développer l’écoconception par la formation professionnelle, les mesures fiscales et l’innovation.
Des engagements aux actes
A l’horizon 2020, 20 % de notre consommation électrique devra être d’origine renouvelable : tel est l’engagement du président de la République à l’issu du Grenelle Environnement. Dans ce cadre, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont sélectionné en juin dernier 22 projets de centrales de production d’électricité et de chaleur (cogénération) à partir de la biomasse, suite à l’appel d’offres lancé en décembre 2006. Parmi les critères d’appréciation des offres figuraient notamment la qualité des plans d’approvisionnements (diversité des sous-produits de la biomasse utilisés, pérennité de la ressource, limitation des conflits d’usage). La puissance cumulée de ces centrales, situées pour la plupart sur des sites industriels, atteindra 300 mégawatts. Elles devront être mises en service avant 2010 et bénéficieront d’un tarif préférentiel d’achat de l’électricité. Un nouvel appel d’offres devrait bientôt être lancé, dont le cahier des charges intègrera de nouveaux critères d’aménagement du territoire pour faciliter la bonne répartition des centrales sur l’ensemble du territoire national.
Engagement > Développement de chacune des filières renouvelables en tenant compte des exigences environnementales : revue générale des différentes filières (dispositif de soutien, bilan écologique…) et proposition d’un plan de promotion des filières renouvelables d’excellence écologique :
Biomasse, avec la hiérarchisation suivante des usages : alimentaire, matériaux, énergie et, dans ce dernier cas, aide à l’installation de chaufferies collectives par priorité, et un plan de mobilisation des ressources en bois combustible ;
(…).
Une grande partie du récif corallien de la Nouvelle-Calédonie est, depuis le 8 juillet, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. « En cette année internationale des océans, un nouveau pas a été franchi vers l’objectif fixé, dans le cadre du projet de loi Grenelle Environnement, de placer 2 % du territoire sous protection forte d’ici dix ans » a dit Jean-Louis Borloo. Deuxième plus grande barrière continue de corail au monde après la barrière australienne, le lagon néo-calédonien est le premier espace de l’outre-mer français à être inscrit au patrimoine mondial. La zone reconnue par l’Unesco est constituée de six sites marins, totalisant 15 000 km2 de lagon et abritant l’essentiel de la biodiversité des récifs coralliens. Cette inscription devrait favoriser une gestion adaptée des ressources du lagon, ainsi que l’essor d’un tourisme durable et respectueux des sites, notamment en matière de plongée sous-marine.
Engagement 74 > Stratégie nationale des aires protégées et plan de conservation et de restauration dans les cinq ans des 131 espèces en danger critique d’extinction en France (métropole et outre-mer) : placer 2 % au moins du territoire en protection forte dans les 10 ans…
Premier acte du Grenelle Environnement pour développer les lignes à grande vitesse et le fret ferroviaire, la ligne à grande vitesse de contournement de Nîmes et Montpellier devra être opérationnelle en 2012. Fin juin, Jean-Louis Borloo, a signé la convention préalable à sa réalisation avec les présidents du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, du Conseil général du Gard, de la Communauté d’agglomération de Montpellier et de Réseau ferré de France. La nouvelle ligne de 80 km transportera à terme voyageurs et marchandises mais, dans un premier temps, servira surtout au fret. Elle sera réalisée sous la forme d’un partenariat public-privé.
Engagement >Doubler le réseau de lignes à grande vitesse…
Engagement >Augmentation de la part du fret ferroviaire de 25 % d’ici 2012 ; développer un réseau ferroviaire spécialisé ou à dominante fret à l’horizon 2025, incluant les traversées montagneuses et les contournements urbains nécessaires…
L’île de La Réunion sera-t-elle le premier des territoires français à intégrer totalement le développement durable ? A l’occasion de l’ouverture de la conférence internationale de l’Union mondiale pour la conservation de la nature, qui s’est tenue à La Réunion en juillet, Jean-Louis Borloo a signé le premier accord d’application du Grenelle Environnement en outre-mer. L’accord a été conclu avec Paul Vergès, président du Conseil régional et Nassimah Dindar, présidente du Conseil général. Il s’agit là du lancement du programme "Grenelle Environnement à La Réunion - Réussir l’innovation", surnommé Gerri. Ce dernier vise un développement durable intégral en 2020 et l’autonomie énergétique de l’île à l’horizon 2025. Selon la méthode du Grenelle, il engage l’ensemble des parties prenantes - collectivités, entreprises, institutions financières et l’Etat – dans les domaines de l’efficacité énergétique du bâtiment, de la réduction des consommations d’énergie, des énergies renouvelables, des modes de transports alternatifs, des écoquartiers et du tourisme.
« Gerri, c’est l’autonomie énergétique en 2025, c’est le développement accéléré et combiné du solaire, de la biomasse, des énergies marines, de la géothermie, de l’éolien, une nouvelle stratégie pour les déplacements avec, notamment, une migration vers le tout électrique à terme… c’est faire en sorte que La Réunion soit le premier territoire à entrer dans l’ère de l’après-pétrole » a dit Jean-Louis Borloo.
Engagement > Effort de solidarité nationale envers les collectivités territoriales d’outre-mer pour en faire les vitrines du développement durable.
Engagement 174 > Energie : autonomie énergétique des collectivités d’outre-mer par le biais de la maîtrise des consommations et le recours aux énergies renouvelables…
Le Conseil informel des ministres européens de l’environnement – réuni les 3 et 4 juillet à Saint-Cloud (92) - a consacré une séance de travail à la question des organismes génétiquement modifiés (OGM). Conformément aux engagements du Grenelle Environnement, les ministres Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet souhaitaient voir renforcer l’évaluation des OGM au plan européen. En accord avec leurs homologues, ils ont décidé la création d’un groupe de travail sur ce sujet.
Baptisé « Groupe des amis de la Présidence », il devra achever ses travaux pour le dernier Conseil des ministres de l’environnement de l’année, les 4 et 5 décembre. Ce groupe – en collaboration avec la Commission européenne – traitera notamment du renforcement de l’évaluation sanitaire et environnementale, de l’opportunité et du contenu d’une évaluation socio-économique, de l’amélioration du fonctionnement de l’expertise et de la question de l’harmonisation des seuils d’étiquetage en cas de présence fortuite d’OGM. Prochaine étape pour le groupe des amis de la Présidence : alimenter de ses réflexions le débat d’orientation intermédiaire qui se déroulera lors du Conseil des ministres de l’environnement du 20 octobre 2008, à Luxembourg.
Engagement 132 > Engagement élargi à l’Union européenne : renforcer la recherche autour des biotechnologies et des OGM…
Engagement 133 > Organisation d’un « sommet européen du gène »…
Initiatives
C’est une première mondiale : la Caisse d’Epargne s’est doté d’un étiquetage écologique de ses services bancaires. Dans un premier temps, cette évaluation concerne 35 produits qui, selon la banque, regroupent 75 % de ses ventes. Pour en élaborer la méthodologie, la Caisse d’Epargne s’est notamment appuyée sur l’expertise de l’Ademe en matière d’estimation des émissions de CO2. Les Amis de la Terre, le WWF France et Testé pour vous ont également contribué à cette méthodologie voulue simple et robuste. Il fallait que l’étiquette rende compte de tous les enjeux du développement durable et qu’elle soit compréhensible par tout un chacun. La méthodologie mise au point par la Caisse d’Epargne repose sur trois critères : sécurité, responsabilité et climat. Elle est publique : désormais, les établissements bancaires qui le souhaitent pourront l’utiliser et développer leur propre étiquette environnementale.
Engagement > Généraliser les informations environnementales présentes sur les produits et services.



